La plupart des grands journaux nippons ont fustigé, dans leurs éditoriaux i, la gestion chaotique de la crise par le groupe. Le PDG Akio Toyoda est sorti de son silence pour présenter ses excuses . Akio Toyoda, qui est le petit-fils du fondateur de Toyota, s’est déclaré "profondément désolé" pour le dysfonctionnement de la pédale d’accélérateur. "Les mots ne peuvent suffire à régler le problème. Toyota représente le Japon, et ses déboires peuvent conduire à dévaloriser l’image de marque du Japon dans son ensemble", a jugé le quotidien Nikkei, bible des milieux d’affaires.
Pour le quotidien conservateur Yomiuri Shimbun, premier tirage du pays, "il ne fait pas de doute que Toyota a été trop sûr de lui concernant les équipements de haute technologie de ses modèles, et qu’il a pris à la légère les plaintes des usagers".
Le ministre des Affaires étrangères, Katsuya Okada, a lui aussi exprimé des craintes pour le prestige du Japon. "C’est un problème pour l’ensemble de l’industrie automobile japonaise, et pour la confiance envers les produits japonais", a déclaré M. Okada, cité par l’agence Kyodo.
Des rappels qui risquent d’avoir des conséquences financières significatives pour le constructeur japonais. "Il y aura un impact financier significatif", selon un anayste même s’il estime que Toyota "peut le supporter". "Il a encore une marque forte. Et puis Audi et Ford ont survécu à leurs rappels" d’il y a quelques années, ajoute-t-il. "Il est trop tôt pour penser que Toyota va faire faillite ou même qu’il va être durablement affaibli", conclut un autre.
Les concurrents en profitent
La tourmente dans laquelle est pris le groupe japonais Toyota devrait fournir des opportunités aux autres grands de l’automobile, qui tentent dès maintenant de ravir des parts de marché à l’actuel numéro un mondial du secteur. Les chiffres des ventes de voitures aux Etats-Unis en janvier montrent déjà un infléchissement, même s’il n’est pas aisé de le lier à ces difficultés : la part de marché de Toyota est tombée de 18% en décembre à quelque 14% en janvier, le japonais perd une place et se retrouve derrière General Motors (GM) et Ford.
Dans ce contexte, le plus gros constructeur européen, Volkswagen, n’a pas caché son intention de prendre d’ici à 2018 à Toyota la place de numéro un mondial.
GM, qui dominait l’industrie automobile jusqu’en 2008, n’a pas attendu pour essayer de récupérer de la clientèle : il propose d’ores et déjà des ristournes aux clients du groupe japonais qui se tourneraient vers lui. La compagnie américaine, désormais détenue à 61% par le gouvernement, a fait savoir dès le mois dernier qu’elle offrait aux conducteurs de Toyota 1 000 dollars de rabais s’ils échangeaient leur voiture contre une des leurs.
Le point sur les problèmes
- Problème de freins : Toyota a reconnu que la dernière version de la voiture hybride Prius, lancée l’an dernier, comportait un défaut dans le système de freinage hydraulique. Par temps froid, les freins peuvent agir avec retard. Cette anomalie concerne la Prius III que nous allons découvrir dans quelques semaines à la Réunion. Toyota vérifie en outre, par précaution, le système de freinage de la berline de luxe Lexus HS Hybrid, équipée des mêmes technologies.
- Problème de tapis : un tapis de sol amovible peut s’accrocher dans la pédale d’accélérateur et la bloquer en position enfoncée. Ce défaut semble être à l’origine d’un accident dans lequel une famille a péri en Californie. Ce rappel s’applique uniquement à l’Amérique du Nord
- Problème de pédale : il s’agit d’un défaut de conception de la pédale elle-même, fabriquée par l’équipementier américain CTS. Cette pédale d’accélérateur peut rester bloquée en position enfoncée lorsque de la condensation se produit dans le véhicule, principalement en hiver en raison de la différence de température entre l’intérieur et l’extérieur de l’habitacle.
Ce deuxième rappel concerne 2,3 millions aux Etats-Unis et environ 1,8 million en Europe. Huit modèles sont également rappelés en Europe (AYGO, iQ, Yaris, Auris, Corolla, Verso, Avensis et RAV4 pour plusieurs séries de 2005 à 2010). La production en Europe de ces modèles n’a pas été arrêtée. Par ailleurs, le constructeur français PSA Peugeot Citroën a rappelé 97.000 voitures Peugeot 107 et Citroën C1 produites entre février 2005 et août 2009 dans une usine de République tchèque partagée avec Toyota.
A la Réunion, dès que la CMM connaîtra les numéros de série concernés, elle contactera ses clients un par un pour effectuer les réparations nécessaires.

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